Se faire obéir ? 7 questions cruciales à se poser.


Qu’est-ce qui se passe ? Vous êtes bien au 21e siècle, la tradition parfum du 17e siècle est terminée. Vous vivez dans un pays moderne, inutile de sortir son seau pour aller au puits. Vous avez une habitude plutôt commune, inutile de se jeter dans des lacs glacés d’Islande.

Alors pourquoi il ne veut pas prendre cette foutue douche ? C’est plutôt agréable de se laver non ?

Je sais c’est épuisant. Je vis la même chose à la maison. J’ai l’impression d’être constamment derrière  mon fils.

Pour la douche, son temps de réaction est proche du record olympique de la course des tortues. Le chemin menant vers la salle de bain est un vrai parcours du combattant.

Alors, qu’est-ce qu’il cloche ? Pourquoi votre enfant ne veut pas prendre sa douche ? Pourquoi il ne respecte pas les règles sociales ? Pourquoi il a des comportements inappropriés ? Pourquoi il n’obéit pas ?

C’est tout bête. Parce que vous avez simplement oublié de lire le mode emploi de l’homo sapiens.

Mais ce n’est pas de votre faute. La nature a tout simplement oublié d’attacher la notice sur votre cordon ombilical.

Votre enfant est comme une machine à laver. Vous avez besoin de connaître les instructions de base pour obtenir un comportement souhaité. Vous devez éviter certaines choses pour que le programme de la journée se déroule sans accroc.

En vérité, il y a 7 principes fondamentaux à garder en tête. Ces principes ne sont pas des astuces, des méthodes ou des valeurs culturelles. Ils sont fondés sur des vérités profondes et universelles du fonctionnement de l’être humain.

Je vais vous les détailler tout de suite.

Pourquoi vous devriez passer plus de temps à la station d’essence ?


Imaginez.

Le calme. La lumière de l’aube est à peine visible. La journée s’annonce fabuleuse, même le dieu du soleil a prévu de faire son apparition. Vous filez à pleine vitesse vers le sud. Vos enfants dorment paisiblement à l’arrière, quelle tranquillité. Vous avez ce petit sourire au bout des lèvres, enfin les vacances.

Oula, une lumière. Un voyant orange. Une jauge s’est allumée sur le tableau de bord. Pas de panique, la prochaine station de service se trouve à 1,2 km. Vous allez prendre le temps nécessaire et faire le plein.

Pourquoi je vous raconte cette histoire banale ?

Parce que vous devriez faire la même chose avec vos enfants.

L’ocytocine est le carburant pour votre enfant. Cette hormone participe aux liens sociaux et à la création d’affection entre individus. Ce supercarburant est un besoin fondamental. Aussi important que l’eau pour la survie de votre enfant.

Vous pensez que j’exagère ?

Lisez ça.

Au 13e siècle, l’empereur Frédéric souhaitait connaître la langue « naturelle » de l’être humain. Il ordonna à des nourrices de s’occuper de 6 bébés : donner à manger, laver et les endormir. Mais, surtout ne jamais leur parler. Par cette expérience, le roi pensait découvrir la langue originelle des bébés, sans influence extérieure.

Le résultat ? Un désastre.

Aucun bébé ne se mit à parler. Pire, ils mourraient tous. Je sais, c’est horrible. Mais, restez encore avec moi. Vous devez entendre ça.

Plus proche de nous.

D’abord, il pleure, crie et cherche le contact. Puis, il dort mal, perd du poids, et la croissance est ralentie. Enfin, il devient indifférent et détaché. Ce « il » est un orphelin de la France d’après-guerre. Il s’est retrouvé dans une pouponnière. Il était nourri et logé, mais dépérissait peu à peu : physiquement et psychiquement. Parce qu’il se trouvait en carence affective.

Et je ne vous parle pas des orphelinats Roumanie  sous Ceausescu.

Vous me direz : OK pour la minute culture, mais quel est le rapport avec l’obéissance ?

Votre enfant est pénible. Il n’écoute pas. Il a des comportements inappropriés.
Alors son réservoir d’ocytocine est peut-être vide.

13 minutes pour les femmes et 11 minutes pour les hommes, voilà le temps moyen consacré par les Français pour le loisir avec leurs enfants. Les chiffres viennent d’une étude Insee de 2010.

Vous ne demandez pas à une voiture de rouler et de fonctionner normalement sans essence, n’est-ce pas ?
Alors, vous devez faire la même chose avec votre enfant. Le temps partagé, l’échange et le jeu sont essentiels.
Le câlin n’est pas une option. C’est un besoin vital aussi important que l’eau.

Je sais que vous êtes différents. La preuve vous lisez un blog sur la parentalité. Vous souhaitez améliorer la situation.

Voilà ce que je vous propose.

Le soir au retour à la maison. Prenez votre téléphone. Lancez l’application chronomètre. Mettez 10 min. Commencez une partie de cache à cache, ou un autre jeu. Laissez bien votre téléphone à distance pour éviter toute tentation.

Le réservoir d’ocytocine de votre enfant vous sera reconnaissant, et vous aurez une soirée plus calme. Et le plus merveille, grâce à vous, nous allons exploser cette fichue moyenne de l’Insee.

Sérieusement.

Gardez ce principe en tête :

L’amour n’est pas une récompense. L’amour, c’est un carburant. Isabelle Filliozat

Et faites bien attention. Un manque de carburant provoque des hallucinations. Des illusions dramatiques pour votre relation. Je ne plaisante pas, lisez la suite.

Est-ce que votre enfant est en pleine traversée du désert ?

Vous connaissez ce moment de la journée. Vous prononcez à peine ce mot. Vous l’entendez déjà rouspéter de loin. Vous le voyez traîner des pattes.  Il avance à reculons. Il repousse toujours à plus tard. Il déteste ça.

Pourquoi il refuse de faire ses devoirs ? Pourquoi il refuse d’écouter votre demande ?

Parce que votre gamin est perdu et découragé. Il se trouve dans un coin dangereux. Un endroit dépeuplé, aride et désertique. Il est en pleine traversée du désert.

 Vous pensez que je délire ?

Autant que votre enfant. Il est en plein mirage de l’oasis. Il se trouve dans une illusion optique. Il se met à croire à des trucs de dingue.


Son inconscient lui joue des tours. Il lui suggère des stratégies tordues :

  • Je refuse de faire mes devoirs tout seul, car je veux que tu t’occupes de moi.
  • Je refuse de faire mes devoirs, tu ne pourras pas m’obliger à les faire.
  • Je refuse de faire mes devoirs, car je sais que c’est ce qui est important pour toi.
  • Je refuse de faire mes devoirs, car je pense être incapable de les faire, et que je n’y arriverai pas.

Je vous l’ai dit, votre gamin à des hallucinations.

Mais ce n’est absolument pas de sa faute. Il ne se rend même pas compte. Il lance un appel au secours.

Jane Nelsen dans son livre Discipline Positive parle d’Objectif-Mirage. Si votre enfant à des comportements inappropriés, il se trouve peut-être dans une des 4 croyances erronées :

  • Accaparer votre attention : je compte vraiment, si ton attention est centrée sur moi.
  • Prendre le pouvoir : j’ai ma place dans la famille, si seulement je suis en position de force.
  • Prendre une revanche : je me sens pas connecté à cette famille. Je souffre. Je n’y peux rien, mais au moins je peux rendre la pareille en te faisant souffrir.
  • Confirmer sa croyance d’incapacité : je n’arrive pas à trouver ma place dans cette famille. Je ne suis pas important et je suis incapable d’apporter quelque chose à cette famille. Je me désengage.

Mais pourquoi diable, il pense ça.

Pour satisfaire ses besoins, comme toujours.  Le besoin d’appartenir et de se sentir important dans un groupe.

Vu précédemment, le lien social est le carburant pour votre enfant. Petit, le contact est même vital pour sa survie, aussi indispensable que l’eau. En grandissant, ce besoin d’appartenance reste omniprésent.

Inconsciemment, j’insiste sur le côté inconscient. Votre enfant cherche à trouver sa place dans la famille, à l’école, dans son club de judo, etc…

Que faire alors ?

Pas de panique. La première chose est d’avoir le bon diagnostic : dans quelle illusion optique se trouve vraiment votre enfant. Puis, vous allez lui apporter une réponse appropriée pour satisfaire son véritable besoin.

Ainsi, les problèmes d’obéissance disparaîtront, et fondront comme neige au soleil.

Pour vous aider, l’Association Discipline Positive France a publié sur son site une grille :

Grille d’identification des Besoins derrière les comportements

Alors, comment partir de bon pied ? Et donner au plus tôt ce sentiment d’importance et d’appartenance chez votre enfant. Oui, il y a un secret et certains l’appliquent tous les jours.

Pourquoi il est intéressant de regarder du côté du soleil levant ?

Tokyo, capitale du Japon. Dans un appartement du quartier d’Ueno, un matin. Un matin comme les autres, Noé prend son petit déjeuner, met son uniforme, se coiffe et fait son sac. Puis elle se dirige vers les transports. Elle monte dans la Yamanote Line jusqu’à Shinjuku, puis la Chuo Line jusqu’à Kokubunji où se trouve son école.

Ah je ne vous ai pas dit. Noé a tout fait seule. Personne pour l’aider à se préparer. Personne pour l’accompagner dans les différents transports. Personne pour la ramener à la maison le soir. Noé a 7 ans, et vit avec ses 2 parents.

Noé n’est pas un cas unique au Japon. Toutes les familles se comportent ainsi. Les Japonais cultivent l’autonomie et la confiance en soi dès le plus jeune âge.

Un proverbe japonais dit : «Envoyez l’enfant bien-aimé en voyage ».

Autrement dit : « Sans les surprotéger, laissez-les faire ce qu’ils peuvent réaliser. »


Pourquoi cette minute culturelle sur le Japon ?

Vers 3 ans, votre enfant peut s’habiller seul, mettre ses chaussures, se laver. Il est capable de mettre des couverts sur la table, aidé à ranger ses jouets, etc.

Avouez.

Pour aller plus vite,  vous faites tout à leur place. Pourtant,  votre enfant se débrouille comme un chef à l’école.

Pourquoi l’autonomie est importante ?

L’autonomie est la pièce maîtresse pour construire ce sentiment d’importance chez votre enfant. Faire par soi-même donne un sentiment de maîtriser son environnement.  Puis, aider aux tâches quotidiennes renforce ce sentiment d’appartenance à la famille.

Quel rapport avec l’obéissance et les comportements inappropriés ? Tout est lié. Laissez-moi vous raconter cette anecdote.

Un midi, dans les couloirs d’une école. Un cri primal résonne. La maîtresse sort de sa classe. Elle voit Tom, 3 ans, courant vers la sortie de l’école ses chaussures serrées contre lui. Sa grand-mère venue le chercher tente de les lui arracher.

Elle crie : « Pourquoi tu n’obéis pas ? Méchant ! Je vais te mettre tes chaussures, on est pressé ».

La maîtresse intervient : « Je crois qu’il veut seulement le faire lui-même, c’est important pour lui. Il veut que vous le laissiez faire ».

Elle se place entre Tom et la grand-mère : « Vas y mets tes chaussures, ta grand-mère va attendre, je reste là ».

Sanglotant, il met ses chaussures avec la plus grande application, sous le regard coléreux et impatient de sa grand-mère. Tom n’avait pas envie de désobéir à sa grand-mère. Mais mettre ses chaussures seul est plus important pour lui.

Tout le détail se trouve dans ma vidéo à destination de mes abonnés newsletter. Si vous souhaitez voir la vidéo en entier, vous pouvez vous inscrire et télécharger le bonus : « OBEISSANCE : Les 2 erreurs à ne pas commettre pour donner confiance en soi à votre enfant. »

Mais au quotidien, comment faire ?

  • Prévoir du temps. Notre mode de vie nous rend toujours plus pressés. Mais, le temps partagé est essentiel pour votre enfant.
  • Laisser-faire : « je sais que tu es capable de faire seul, je ne le ferais pas pour toi ».
  • Donner des petits challenges atteignables pour tester ses capacités.

Vous savez maintenant que l’apprentissage de l’autonomie est capital, mais essayez d’éviter l’erreur fatale ci-dessous.

Pourquoi votre enfant est moins développé que Bambi ?

Connaissez-vous Bambi?

Bambi- Disney 1942

Avez-vous déjà vu la naissance d’un faon. 10 minutes après sa naissance, le petit Bambi marche. Il se fait comprendre  par  sa mère dès les premières heures. Et comble du bonheur, il a déjà un GPS dans la tête pour s’orienter dans la forêt.

Et votre enfant?

À la naissance, le bébé pleure. Et malheureusement vous n’avez pas fait langue vivante N°1 « pleurs bébé » au collège. Vous attendrez des années avant de pouvoir comprendre votre bébé. Il marchera vers 1 an de manière instable. L’orientation ? Elle s’acquerra entre 5 ans et 99 ans. Oui ma sœur de 40 ans se perd encore aux pieds de son immeuble (histoire vraie).

Ne serait-il pas merveilleux si votre bébé :

  • Parle comme vous dès la naissance : j’ai faim, je suis fatigué, je veux un câlin. Pas de pleurs, pas de crises.
  • Se déplace et marche tout seul : Il va aux toilettes, il se promène sans poussette.
  • Mange avec vous à table : il a ses dents, il consomme de la nourriture solide.

Pourquoi cette injustice ? Pourquoi la nature est si mal faite ? Pourquoi le petit d’Homme naît avec une telle immaturité ?

Parce que si tout est figé à la naissance, l’évolution est impossible. Exit les pyramides d’Égypte, et autres merveilles. Exit les grands penseurs de tous les temps. Exit votre smartphone. Et drame ! Exit Internet, et notre blog sur la parentalité.

Le génie humain crée, s’adapte, et évolue grâce à notre cerveau.  Ce cerveau est précâblé, mais non fini pour s’adapter à notre environnement et notre culture. Les neurosciences parlent de plasticité cérébrale.

OK. Et la désobéissance dans tout ça ?

Tout est encore étalé. Vous lui dites de ne pas toucher.  Il recommence le lendemain. Pourquoi il ne fait que des bêtises ? Pourquoi il n’obéit pas ? Pourquoi il continue à sortir les livres de la bibliothèque ? Vous rabâchez la même chose chaque jour. Ça vous agace. Ça vous énerve. Vous avez l’impression qu’il vous cherche, vous provoque.

Je vous rassure. Une explication existe à ce comportement.

Par exemple à 2 ans, votre enfant apprend par l’action. Pour mémoriser, il doit toucher à tout. Sa mémoire est proche d’un poisson rouge : il ne désobéit pas, il oublie. Il se rappellera d’avoir déjà fait cette « bêtise » la veille, uniquement après l’avoir refaite (Relisez cette dernière phrase). En plus, il est incapable d’inhiber ses pulsions.

Vers 4 ans, votre gamin se souvient enfin le lien entre votre désapprobation et ses actions. Mais, il garde encore ses pulsions de découvertes.

Que faire alors ?

  • Mettez hors de sa portée les objets que vous tenez : Exemple, je mets en hauteur les livres fragiles, et en bas ses livres
  • Cachez les produits dangereux
  • Faites des demandes en fonction de ses capacités

Certains comportements inappropriés et de désobéissances sont en réalité des comportements naturels de son âge. En comprenant le développement psychomoteur de votre enfant, vous éviteriez de nombreux conflits du quotidien.

Attention, le développement de l’être humain se passe à un autre niveau également. Si vous négligez cette partie, les répercussions seront dramatiques. Voyons ça tout de suite.

Pourquoi Descartes avait tort ?


Un sabre levé. Une couronne dressée. Un maquillage lapinou dessiné. Attention, il arrive. Il court. Il saute. Il crie.

« Arrête de crier Nolan »,  « Fais moins de bruit », « Non, je n’ai pas envie de faire le pirate », « Nolan, ça fait 3 fois je te demande de te calmer »

Je prononce instinctivement ces paroles quand mon fils s’anime. Est-ce que vous dites la même chose à la maison ?

Je parie que oui. Bizarre non ?

Nos enfants sautent, dansent et chantent. Et notre premier réflexe est de dire : arrête. Ces comportements nous gènes. Ces pitreries nous agacent. Ces singeries nous exaspèrent. En final, ils n’obéissent pas et font que des « bêtises ».

Et si la solution est de rentrer dans leur monde, dans leur rêve, dans leur pays imaginaire.

Vous me direz : ce n’est plus de mon âge ces enfantillages.

Je suis d’accord avec vous. Pour être honnête, j’ai déjà essayé de rentrer dans son jeu. Mais, je me sentais mal à l’aise. Je trouvais que c’était ridicule.

Et vous ? Est-ce  que vous êtes à l’aise à faire des pitreries avec vos enfants ?

Non ?  Dans votre passé, est-ce que vos parents jouaient et rentraient dans votre monde ?

Vous voyez ou je veux en venir. Petit,  est-ce que vous aviez le droit de courir en criant ? Est-ce que vous pouviez faire du bruit ? Est-ce que vous pouviez sauter sur le canapé ?

Vos réactions d’aujourd’hui sont les reflets des réactions de vos parents. Vos agacements trouvent l’origine dans votre passé.  Vos besoins d’obéissance reproduisent le schéma parental.

Votre enfant est un être émotionnel. Vous étiez un enfant émotionnel. Vous avez reçu une éducation. Vos joies ont été contenues. Vos colères ont été refoulées. Vos pleurs n’ont pas été entendus.

Le plus grand cadeau pour votre enfant est de l’accompagner dans ses émotions.  Un cadeau que vous n’avez pas reçu. Un cadeau indispensable pour se diriger dans la vie. Les émotions sont les indicateurs du tableau de bord de votre vie. En refoulant les émotions, vous roulez aveuglément sans aucune indication.

René Descartes disait :

 Je pense donc je suis.

Cette citation devrait être plutôt :

Je ressens, je pense, donc je suis.

Que faire alors pour l’accompagner dans ses émotions ?

Une bonne nouvelle : On dit que l’âge de la raison arrive vers 6 à 7 ans. Patience, c’est bientôt fini.

En attendant :

  • Il déborde de joie :
    • Rentrez dans son jeu.
    • Vous êtes trop fatigué, vous avez besoin de calme. C’est légitime. Vos besoins sont importants. Demandez-lui d’aller jouer dans une autre pièce. Orientez-le dans un autre jeu
  • Il est en colère :
    • Il commence à frapper : distinguer le comportement de l’émotion. Toutes émotions sont légitimes, les comportements non. Vous pouvez dire : « Tu as le droit d’être en colère, je comprends. Mais il est interdit de frapper ton frère. »
  • Il pleure, il est triste :
    • Accompagnez- le dans ses pleurs : rester près de lui avec câlin. «  Tu es triste parce que ton jouet est cassé. Je comprends tu y tenais beaucoup ». « ça doit faire mal en effet, j’ai vu tu es tombé ».
    • Ne lui dites pas « c’est rien ça va passer, les grands garçons ne pleurent pas ». « Ce n’est pas  grave, on va te racheter le jouet. Arrête de pleurer, il y a pire dans la vie »
  • Il a peur :
    • Ne pas le traiter de poule mouillée. C’est normal d’avoir peur.
    • Ne pas le forcer à affronter sa peur. Paradoxalement, cela peut renforcer ses angoisses. Aidez-le plutôt à les affronter à son rythme et s’il le veut bien. Par exemple, en faisant un dessin.
    • L’inciter à parler, sans jugement. Même si vous trouvez ça illogique « tu as peur du noir. C’est vrai que la lumière éteinte on voit des ombres, et les objets peuvent prendre une apparence bizarre. »

Restez encore avec moi.

Dans le paragraphe suivant, vous allez découvrir un cas classique de désobéissance.

Pourquoi votre enfant est aussi bête que Socrate ?

La France en l’an 1100. Les repas sont festifs et animés. Les gens sont collés les uns contre les autres. Les hommes deviennent vite alcoolisés. Les bagarres se déclenchent pour finir avec des morts en arme blanche. Alors les seigneurs instaurent une règle de bienséance à table.  Coudes interdits sur la table pour éviter de prendre toute la place. Et mains bien en vue.

Faisons un bond dans le temps.

1989, à Paris. Une famille comme les autres. Un soir, on entend crier le père: « Ne mets pas tes coudes sur la table, c’est impoli. » L’enfant s’exécute avec plus ou moins de conviction,  mais sans savoir pourquoi c’est impoli.

Et vous?

Mettez-vous en pratique cette règle d’un autre temps sans savoir pourquoi?

Le béaba de la motivation humaine commence par donner du sens. Pour passer à l’action, l’être humain doit savoir pourquoi.

Vous voulez une preuve?

Je vous propose de réaliser un geste capital pour obtenir l’obéissance de votre enfant. Prenez un vase. Mettez-le sur votre table de salon. Chaque soir, déplacez le vase de droite à gauche 10 fois. Allez-y, à vous de jouer.

Vous devez vous dire: « Mais pourquoi je dois faire une chose aussi stupide?

Vous avez raison ça n’a aucun sens.

Votre enfant réagit de la même façon. Vous lui dites : »tu dois te laver les dents » :

  • Avez-vous expliqué pourquoi doit-il faire ça ?
  • Pourquoi  le faire 2 fois par jour ?
  • Quelles seront les conséquences s’il ne fait pas ?
  • etc…

Non. Alors préparez-vous à répéter tous les jours la même chose. Pourquoi ? Sans le sens, sa motivation disparaît. Sans la motivation, ça rentre par une oreille, ça sort par l’autre.

Pensez également à crier fort pour vous faire entendre. Rappelez-vous de mon article ​​​​​​​comment se faire obéir sans sortir son mégaphonevotre enfant vit dans le moment présent.  Passer de regarder la TV à brosser les dents ne l’intéresse absolument pas, surtout si vous oubliez de lui expliquer les caries dentaires.

Et le pire ? Le cerveau inconscient de votre enfant prend vite des raccourcis. Il peut trouver des interprétations tordues à votre demande.

« Si maman me demande cela, c’est parce qu’elle ne m’aime pas ou elle préfère mon frère. »

Vous comprenez?

Expliquer la bonne intention derrière votre demande est capitale :

« J’ai peur que tu aies des caries. Cela m’embêterait que tu aies mal aux dents. »

Donner du sens s’applique partout : se dépêcher pour aller à l’école, ranger sa chambre, se tenir à table…etc.

Socrate avait raison, il devait être un enfant dans l’âme :

Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien.

Votre enfant se comporte comme Socrate. Il s’interroge inlassablement. Il cherche la vérité. Il passe par la période des « Pourquoi ». Alors, donnez-lui du sens et expliquez-lui. Il vous écoutera et agira.

Attention.

J’ai gardé le meilleur pour la fin : un principe essentiel et contre intuitif. Soyez attentif, ouvrez bien vos yeux et votre esprit.

Pourquoi c’est votre faute s’il n’obéit pas, et c’est une bonne chose ?

Il était une fois dans un pays très très proche….Deux sœurs se chamaillaient dans leur chambre. Le ton finissait par monter et une dispute éclata. Sous le coup de la colère, la petite frappa. La grande reporta aussitôt ce geste à sa mère : « maman elle m’a tapé. »

La mère supportait de moins en moins ces disputes quotidiennes, et réagissait immédiatement. Elle avait des convictions profondes : on ne frappe pas les autres. Elle s’approcha vers la coupable et lui cria :  » Tu n’as pas le droit de frapper ta sœur ». Puis, lui donna une fessée.

Cette histoire est un classique de ce pays très très proche de nous. À votre avis qu’a retenu la petite fille ?

Son inconscient a intégré : « Quand maman est en colère, elle tape. Donc quand je suis en colère je dois taper ». N’oubliez jamais ceux-ci, votre enfant copie votre comportement comme une photocopieuse.  Si vous tapez, il trouvera normal de taper, si vous criez il trouvera normal de crier, etc.

Gardez à l’esprit ses paroles d’Emerson :

Tes actes parlent si fort que je n’entends pas ce que tu dis.

Si vos actes sont incohérents avec vos paroles. Vos plus grands conseils perdront en crédibilité fasse à votre enfant. Vos beaux discours deviendront aussi plausibles que les paroles d’un politicien véreux. Vos actes parlent bien plus que vos mots.

Vous doutez ? Rappelez-vous.​​​​​​​

« Maman ». Votre enfant vous appelle une fois. « Maman ». Une deuxième fois. « Mammmmaann ». Une troisième fois. Vous réagissez enfin : « Quoi ! Qu’est-ce qu’il y a ? ».  Du déjà vécu, n’est-ce pas ?  Sans le savoir, vous venez d’enseigner à votre enfant : comment attirer votre attention. Plus il insiste, plus il lève la voix, plus il obtiendra quelque chose.

Le résultat ? Vous êtes fatiguée. Vous répétez pour la 5eme fois : « Non ». Mais, il insiste toujours. Il veut absolument ces bonbons. Vous trouvez qu’il exagère, qu’il n’écoute pas, qu’il n’obéit jamais. Mais, il reproduit simplement votre enseignement.

La vérité, elle est dure à attendre. Vous avez votre part de responsabilité dans les comportements inappropriés de votre enfant.

Culpabilisant ?

Au contraire, c’est une bonne chose. Tous les comportements de votre enfant ne sont pas innés, naturels et inscrits dans ses gènes. Vous avez la possibilité d’influencer et c’est une grande nouvelle.

Le plus dur est d’avoir le déclic. La prise de conscience de vos propres comportements. Car, vos actes et paroles quotidiens sont essentiellement des automatismes.

Par exemple.

Il y a quelques années. Ma fille Noémie répétait inlassablement : « gagag, gagagag ». C’était insupportable et agaçant pour moi. Je devenais un vieux disque rouillé à force de rabâcher : « Arrête de dire ça », « Tu arrêtes ». Elle n’écoutait pas et continuait ainsi. Je devais lever le ton pour qu’elle s’arrête (entendez : je pétais un câble et je criais).

Et un jour, le déclic. La prise de conscience. Ma part de responsabilité dans tout ça. À cause de 2 mots : « Mon bébé ». J’utilisais systématiquement cette expression pour m’adresser à elle. J’ai changé « Mon bébé » par « Ma grande », et le problème s’est envolé.

Rappelez-vous des paroles de Gandhi :

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.

Alors, commençons petit, commençons près de nous, commençons par notre famille. Soyez le changement que vous voulez voir chez votre enfant.

Gardez en mémoire ce principe : vous avez votre part de responsabilité dans les comportements inappropriés de votre enfant, et c’est une bonne chose.

Conclusion

Revenons à l’introduction et notre problème de douche. Votre enfant n’obéit pas. Il refuse d’aller se laver et traîne des pattes. Peut-être que :

  • Son réservoir d’ocytocine est vide. Il souhaite passer encore un peu de temps avec vous.
  • Son inconscient lui joue des tours. Par découragement, il poursuit l’objectif mirage du « Pouvoir » : « Tu ne peux pas m’obliger à aller à la douche, pour une fois c’est moi qui décide »
  • Son intérêt pour la douche est proche de zéro. Parce que vous faites tout à sa place. Donnez-lui de l’autonomie : le laisser jouer un peu, se savonner seul, se rincer le devant…
  • Son comportement est naturel pour son âge. Vers 2 ans, votre enfant s’affirme. L’opposition est plus forte.
  • Son cerveau est en mode émotionnel. Votre enfant en a gros sur le cœur. Il a besoin de se confier. Exemple : dispute avec son meilleur ami…
  • Sa motivation n’est pas au rendez-vous par manque de Sens : pourquoi il doit se doucher ? Si vous manquez d’argument, cherchez du côté des livres documentaires. Exemple : Le livre « Tout propre (Mes p’tits docs) »
  • ça vient de vous, votre part de responsabilité. Exemple, vous passez votre journée à dire que l’eau abîme et assèche votre peau. Vous détestez ça. Inconscient, votre enfant développe la même allergie à l’eau.

Un comportement inapproprié peut s’expliquer de plusieurs manières. La désobéissance est la partie émergée de l’iceberg. La conséquence d’une cause plus profonde. J’ai déjà parlé de cet aspect dans une vidéo : la méthode des 4S ou méthode du Toubib.

Maintenant, avec ces 7 principes universels du fonctionnement de l’être humain :

  • Vous serez capable de décrypter et comprendre la partie immergée de l’iceberg.
  • Vous décoderez les comportements inappropriés de votre enfant.
  • Vous comprendrez enfin pourquoi votre enfant n’obéit pas.

Mais, comprendre, décrypter et décoder ne sont pas suffisants. Pour transformer votre quotidien, vous devez agir. Si vous souhaitez aller plus loin et changer, vous êtes libre de recevoir mon dossier complet « J’écoute Maman et Papa » : Obtenir la coopération sans crier et s’énerver.

En attendant, à vous de jouer. Laissez un commentaire. Qu’est-ce qui vous a plus surpris dans cet article ?

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